Profiter au maximum d'un Canon EOS 50D sous Linux

Passion pour la photo et projets récents d'astrophoto obligent, j'ai été amené à remplacer mon ancien boîtier reflex par un Canon 50D d'occasion.

Dans ce court billet, je vais documenter quelques fonctionnalités de cet appareil photo qui sont accessibles avec gphoto2, et pour lesquels on n'est pas obligé d'installer les logiciels de Canon sur un quelconque système d'exploitation propriétaire. Je parlerai notamment des informations de copy­right personnalisées que l'on peut programmer et que le boîtier inscrira automatiquement dans les informations EXIF des photos, et je parlerai également de la prise de vues par USB.

Le but de ce billet n'est pas d'être un tutoriel complet, mais de parler des choses un peu plus délicates qui sont possibles avec gphoto2 et d'informations qui concernent ce modèle particulier, ou d'autres de la même gamme.

Informations de copyright personnalisées

Tout d'abord, le boîtier accepte trois chaînes de caractères personnalisées, qu'il inscrit dans les informations EXIF de manière systématique dans chaque photo. Étant donné que j'avais entre les mains un boîtier d'occasion, il s'agissait pour moi de supprimer le plus vite possible les informations qu'avaient saisies le propriétaire précédent pour les substituer avec les miennes.

On peut ainsi programmer le nom de l'auteur, une information de copyright (par exemple « Tous droits réservés » ou « CreativeCommons CC BY-NC-SA », ou peu importe) et le nom du propriétaire du boîtier. En respectant ma tradition de pseudonymat, j'ai alors procédé de la manière suivante :

% gphoto2 --set-config '/main/settings/artist=x0r'
% gphoto2 --set-config '/main/settings/copyright=Tous droits reserves'
% gphoto2 --set-config '/main/settings/ownername=x0r'

À noter que le boîtier fonctionne mal avec l'UTF-8 ; je n'ai cependant pas essayé de lui donner de chaînes en ISO-8859-1 pour voir si ça passe.

Capture d'images par USB

Comme tous les boîtiers Canon que j'ai eues entre les mains, il est possible de déclencher la capture d'une photo par USB.

Cette fonctionnalité est plus utile qu'on le pense : par exemple, lorsqu'on tient un stand photo et qu'on veut afficher directement les photos prises sur un grand écran pour traitement numérique ou impression (une technique appelée « tethering »). J'utilise également cette fonctionnalité dans un script transformant un PC en télécommande intervallomètre (l'« intervallomètre du pauvre », parce que j'attends d'avoir une vraie raison pour claquer 100 euros dans une télécommande-intervallomètre de Canon).

Les commandes de capture restent inchangées :

% gphoto2 --capture-image
% gphoto2 --capture-image-and-download

La première commande prend une photo et l'enregistre sur la carte CF. La seconde commande fait de même, mais récupère immédiatement le fichier.

Cependant, il m'est déjà arrivé de voir que mes photos n'étaient pas enregistrées sur la carte CF après avoir utilisé une de ces commandes. Il faut alors demander à l'appareil de stocker les photos capturées sur la carte CF et non pas dans la RAM interne (où toute prise de vue est immédiatement détruite). La commande « magique » est la suivante :

% gphoto2 --set-config '/main/settings/capturetarget=1'

Nombre de déclenchements

Connaître le nombre de déclenchements qu'a fait un boîtier est particulièrement utile lorsqu'on cherche à en acheter un ou à le vendre. Heureusement, encore une fois, pas besoin de systèmes d'exploitation ni d'outils propriétaires ; une simple commande suffit :

% gphoto2 --get-config /main/status/shuttercounter

Notez que le nombre de déclenchements peut être largement supérieur aux numéros des fichiers enregistrés sur la carte CF. Je soupçonnais que le mode « Live View » était responsable de cela, mais ça n'a pas l'air d'être le cas : même une photo prise en Live View incrémente le compteur de 1. C'est étrange, car cette fonction provoque pourtant la remontée du miroir et l'ouverture de l'obturateur, comme pour prendre une photo.

Conclusion

Mis à part quelques éléments un peu bizarres (la commande « magique » pour faire marcher les prises de vues par USB et les bizarreries liées au compteur d'obturation), il n'y a vraiment pas grand-chose de bien surprenant dans ce boîtier en termes de prise de contrôle par USB. Dans tous les cas, je salue le travail de rétroingénierie qui a dû être fait pour obtenir toutes les informations liées à la connectivité USB, de même que ce qui a dû être fait pour déchiffrer les informations EXIF propriétaires (« MakerNotes ») enregistrés par les différents boîtiers.

Posté par x0r à 1 commentaire • Tags : linux photo canon 50d eos

Commentaires

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#1 — jipé

Bonjour,

Pour ce qui est de l'intervallomètre (avec 2 L), j'ai installé Magic Lantern sur mon 50D. Ça permet, entre beaucoup d'autres fonctionnalités, d'en intégrer un directement au boitier.

http://www.magiclantern.fm/

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